
Marché public nettoyage vitrerie : bâtir le bordereau de prix
Deux bâtiments communaux, la même surface vitrée au mètre carré près. Le premier se lave depuis le sol, à la perche, en une matinée. Le second demande une nacelle, un arrêté de stationnement et deux agents. Sur un bordereau rédigé au mètre carré de vitrage, ces deux façades coûtent exactement la même chose, et le lavage de vitres du second finira payé en avenant.
Un bordereau de prix de marché public de nettoyage de vitrerie se construit par moyen d’accès avant tout : une ligne par mode d’accès, une ligne par face traitée, une ligne par fréquence, et un quantitatif bâtiment par bâtiment. Second réflexe, surveiller ce que nous appelons la ligne dormante, celle que le détail quantitatif estimatif laisse presque vide alors qu’elle sera massivement commandée ensuite. Sur un parc communal, cette ligne dormante, c’est presque toujours le bâtiment à la nacelle. Sans ces deux précautions, le nettoyage de vitres à Nantes comme ailleurs se chiffre à l’aveugle, et l’acheteur compare des colonnes de chiffres qui ne parlent pas du même travail.
Même surface vitrée, un carreau contre douze
Le mètre carré de vitrage est l’unité la plus facile à écrire dans un bordereau, et la moins informative. Une baie vitrée d’un seul tenant se lave en un mouvement continu : mouilleur, raclage en S, essuyage des bords. Une fenêtre à petits bois de même surface, douze carreaux, se traite carreau par carreau : douze applications, douze raclages, douze essuyages de croisillons. Un geste d’un côté, trente-six de l’autre. La surface facturée, elle, est identique.
Deux variables manquent presque toujours. La première est le nombre de faces réellement incluses : intérieur seul, extérieur seul, ou les deux. C’est l’une des trois réclamations les plus fréquentes de notre métier, une face oubliée parce que le document de consultation ne précisait pas laquelle était comptée. La seconde est le traitement des encadrements, montants et seuils. S’ils ne sont pas essuyés, l’eau redescend sur le vitrage propre et laisse des coulures : le passage est à reprendre. S’ils sont essuyés, c’est du temps d’agent.
Un bordereau exploitable compte donc en ouvrants ou en unités homogènes décrites, avec une ligne distincte pour les vitrages à croisillons, une pour les vitrines et grandes baies, une pour les façades rideaux. Cet inventaire ne se fait pas sur plan : c’est la raison pour laquelle nous visitons chaque bâtiment avant de remplir une seule ligne de prix.
Vitres en hauteur : la nacelle que votre bordereau ne demande pas
Sur un parc communal, l’écart de coût se joue là. Un hall vitré de gymnase, une verrière d’école, une façade de médiathèque sur trois niveaux ne relèvent pas du même geste technique qu’un bureau de rez-de-chaussée.
La pratique du métier distingue trois régimes d’accès. Depuis le sol, la perche télescopique alimentée en eau osmosée traite les étages bas et les halls vitrés jusqu’à 17 mètres : l’eau déminéralisée sèche sans trace, sans détergent, et aucune autorisation de voirie n’est nécessaire. Au-delà de la portée de la perche, il faut une nacelle élévatrice, avec le stationnement et les autorisations qui vont avec lorsque l’engin se pose sur le domaine public. Au-delà encore, ou quand la configuration interdit la nacelle, l’intervention relève du travail sur cordes. Toujours Propre dispose en propre d’une perche et d’une nacelle élévatrice, et mobilise un partenaire qualifié du réseau régional pour les accès qui dépassent ce cadre, sous le même devis et le même interlocuteur.
Autant de régimes d’accès, autant de familles de prix à prévoir au bordereau :
- un prix à l’unité ou au mètre carré pour les vitres en hauteur accessibles à la perche depuis le sol ;
- un prix de mise à disposition de nacelle, distinct du prix de lavage, avec le forfait d’amenée et de repli ;
- un prix d’intervention sur cordes, même si une seule façade du parc le justifie.
Un bordereau qui fusionne ces lignes en un prix moyen au mètre carré produit mécaniquement deux types d’offres : celles qui ont provisionné la nacelle, et celles qui ne l’ont pas vue. Les secondes sont moins chères à l’ouverture des plis, et plus chères à l’exécution, par avenants ou par prestations non faites.
La ligne dormante, deux passages estimés, douze commandés
Reprenons les deux bâtiments jumeaux du début. Celui qui exige la nacelle, c’est lui, dans neuf consultations sur dix, la ligne dormante du bordereau. Voilà le point que les documents de consultation traitent rarement, et qui pèse pourtant plus lourd que le reste.
Dans un accord-cadre à bons de commande, le candidat remplit un bordereau de prix unitaires, mais la note de prix est calculée sur le détail quantitatif estimatif, ces quantités de simulation qui n’engagent personne. Une ligne faiblement quantifiée à la simulation ne pèse presque rien dans la note, même si elle sera massivement commandée ensuite. Deux passages estimés sur la façade haute, douze commandés dans l’année.
Une offre peut donc être construite pour gagner le calcul : prix cassés sur les lignes lourdement quantifiées de la simulation, prix chargés sur les lignes dormantes qui constitueront l’essentiel des bons de commande réels. Le marché est gagné sur un prix que personne ne paiera jamais.
La protection est simple à écrire. Les quantités du détail estimatif doivent refléter le volume réellement prévu, bâtiment par bâtiment, après un recensement des surfaces vitrées et des accès. Et le règlement de la consultation gagne à prévoir un plafond d’écart entre les prix unitaires d’une même famille, ou à demander la justification d’un prix unitaire anormalement bas sur une ligne isolée. Si votre consultation est en cours de rédaction, l’échange utile avant publication porte sur un seul objet : relire les quantités de simulation, bâtiment par bâtiment.
Les libellés à coller dans votre bordereau
Voici cinq lignes rédigées telles qu’elles peuvent figurer dans un bordereau de prix unitaires de vitrerie, avec leur unité et leur mode de commande. Les hauteurs et les surfaces sont à compléter d’après votre relevé.
| Libellé de la ligne | Unité | Commande |
|---|---|---|
| Lavage de vitres accessibles depuis le sol, deux faces, montants et seuils essuyés | L’ouvrant, par type (plein tenant, à croisillons, vitrine) | Au passage, sur bon de commande |
| Lavage des surfaces vitrées accessibles à la perche télescopique depuis le sol, hauteur de travail jusqu’à 17 m, eau osmosée | Le mètre carré de vitrage | Au passage, sur bon de commande |
| Mise à disposition d’une nacelle élévatrice : amenée, installation, repli, hors prestation de lavage, hors autorisation de voirie | Forfait par bâtiment et par intervention | Associée obligatoirement à la ligne suivante |
| Lavage des surfaces vitrées depuis nacelle élévatrice ou en travail sur cordes, deux faces | Le mètre carré de vitrage, par mode d’accès | Au passage, sur bon de commande |
| Sujétion pour passage en horaire décalé ou en période imposée (vacances scolaires, hors ouverture au public, hors créneaux d’activité) | Majoration du prix de la ligne concernée | Indiquée au bon de commande |
Un vitrage laissé un an ne se lave plus, il se décrasse
Deux passages par an sur une façade exposée ne demandent pas le double du travail d’un passage unique. Un vitrage laissé un an en bord de voie, sous les poussières et les pluies calcaires, exige un temps d’agent supérieur, parfois un produit différent, et le résultat reste en dessous. L’offre qui n’a pas provisionné ce décrassage le récupère ailleurs : en reprise facturée, ou en passage qui laisse le service technique arbitrer entre une relance et une tolérance.
Sur un parc communal, le calendrier compte autant que la fréquence. Les écoles se traitent en vacances scolaires, les gymnases hors créneaux de club, une mairie hors heures d’ouverture au public, une crèche avec des contraintes propres. Chacune de ces contraintes est un coût, et elle doit figurer au bordereau comme telle.
Dernier point, souvent absent : l’exposition au soleil. L’évaporation rapide est la première cause de traces sur un vitrage. Imposer une plage de 14 heures en été sur une façade plein sud, c’est acheter une reprise. La clause tient en une phrase : « Le titulaire programme ses passages hors ensoleillement direct de la façade traitée et conserve l’initiative de l’ordre des façades, dans la limite du délai global porté au bon de commande. »
Cinq lignes de mémoire technique, et la nacelle apparaît
Cinq éléments à exiger du mémoire technique rendent deux offres de vitrerie comparables, et un seul d’entre eux fait l’essentiel du tri :
- le moyen d’accès retenu pour chaque bâtiment du parc, et la hauteur sur laquelle il a été retenu ;
- les faces incluses, ouvrant par ouvrant ou zone par zone, sans formule générale ;
- le protocole de contrôle : vérification à contre-jour par l’agent avant de quitter le site, reprise immédiate de toute trace, essuyage systématique des montants ;
- le délai de remplacement en cas d’absence d’un agent, et la personne qui prévient le service technique avant l’heure de passage prévue ;
- les pièces administratives : attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle, extrait Kbis, et attestation de vigilance URSSAF dès que le seuil réglementaire du marché est atteint.
Le premier point fait tomber les offres à l’analyse plutôt qu’en cours d’exécution : un candidat qui ne dit pas comment il monte sur chaque bâtiment n’a pas chiffré la nacelle, et cela se voit avant la signature au lieu de se découvrir au premier bon de commande. De notre côté, cette page du mémoire est rédigée bâtiment par bâtiment, après visite, et jamais à partir d’un plan de façade.
Le bordereau qui se chiffre au barème est hors sol
Les fourchettes ci-dessous sont celles du marché dans l’agglomération nantaise. Elles servent à vérifier qu’un bordereau tient debout, pas à fixer un prix.
| Poste du bordereau | Prix couramment pratiqués |
|---|---|
| Lavage de vitres en locaux professionnels, par passage | 80 à 200 € |
| Vitres en hauteur, au mètre carré | 3 à 6 € |
| Mise à disposition de nacelle, amenée et repli | Aucune fourchette de marché publiée |
| Majoration pour horaire décalé ou période imposée | Aucune fourchette de marché publiée |
Tarifs indicatifs, devis établi après visite. Les deux derniers postes dépendent de la hauteur réelle, de l’emprise au sol disponible et de l’autorisation de voirie : ils se chiffrent après visite, site par site. Une offre nettement sous ces repères sur un parc comportant des façades hautes signale le plus souvent une nacelle oubliée au chiffrage.
Noyée dans le forfait mensuel, la vitrerie devient indétectable
Faut-il allotir la vitrerie séparément du nettoyage courant ?
Oui, pour une raison comptable. Noyée dans un forfait mensuel d’entretien, une prestation annuelle de vitrerie ne se contrôle plus : la facture est identique tous les mois, passage effectué ou non, et l’écart n’apparaît qu’à la vitre, six mois plus tard. Un lot distinct, avec des prix unitaires et un bon de commande par passage, rend le non-fait visible sur un document.
Peut-on exiger un passage de contrôle contradictoire ?
Oui, et c’est utile sur un parc dispersé. Prévoyez une visite de contrôle périodique avec un référent du prestataire, consignée par écrit, plus une reprise sous délai fixé pour tout écart constaté. Cela vaut mieux qu’une pénalité qui ne sera jamais appliquée.
Comment traiter les bâtiments dont on ignore la hauteur exacte ?
En les sortant du quantitatif et en portant au bordereau une ligne « relevé contradictoire des hauteurs et des accès », au forfait par bâtiment. Elle se commande par un bon de commande distinct avant le premier passage, se paie par l’acheteur comme une prestation à part entière, et se réalise en présence d’un agent du service technique. Le relevé signé fixe ensuite le mode d’accès et le prix applicable. Une hauteur estimée au hasard produit une offre fausse, que l’un ou l’autre paiera.
Exigez-vous une certification sectorielle ?
Toujours Propre n’en détient aucune, et le dit avant de répondre plutôt que de le laisser découvrir à l’ouverture des plis. Notre assurance responsabilité civile professionnelle couvre les dommages corporels, la casse de matériel appartenant au client et les biens confiés, ce qui est la question réellement posée derrière le mot certification. Pour l’entretien courant des locaux qui accompagne souvent un lot de vitrerie, nos conditions figurent sur la page entretien de bureaux et locaux commerciaux.
Avant de publier, cherchez comment on monte
Reprenez votre bordereau et vérifiez ceci : une ligne de prix par moyen d’accès, une mention explicite des faces incluses, des quantités de simulation qui ressemblent à ce que vous commanderez vraiment. Si l’un des points manque, les offres que vous recevrez ne seront pas comparables, et le bâtiment à la nacelle restera la ligne dormante de votre marché.
Un bordereau qui ne dit pas comment on monte ne dit rien du prix.
Nous répondons à ce type de consultation de vitrerie sur Nantes, Saint-Herblain, Saint-Nazaire et Angers, et nous visitons les sites avant de chiffrer, parce qu’un prix de nettoyage de vitres donné sans avoir vu la façade est un prix qu’il faudra corriger. Demandez votre devis : nous visitons les lieux et vous répondons sous 48 heures.
